SFPS monthly mailing: July 2010

Les Empires de l’Atlantique. XIXe-XXIe siècles

Les figures de l’autorité impériale dans les Lettres d’expression européenne

de l’espace Atlantique

jeudi 26-vendredi 27 mai 2011

Université Jean Monnet Saint-Étienne

(avec Université Paris Ouest La Défense)

Les empires coloniaux de l’Atlantique (britannique, espagnol, français, néerlandais et portugais) ont suscité et déterminé une somme impressionnante de textes littéraires qu’il reste à envisager avec les instruments critiques contemporains. À partir de l’âge des découvertes et jusqu’à l’ère contemporaine, en passant par la colonisation, l’esclavage puis la décolonisation, les relations entre les trois continents n’ont cessé de se renforcer et l’Atlantique a de plus en plus joué le rôle d’un pont favorisant les processus d’interaction et de convergence entre les sociétés qui le bordent. Depuis plus d’une vingtaine d’années, l’« Atlantic history » s’est affirmée au sein de l’historiographie anglo-saxonne. Ce paradigme interprétatif présente le monde atlantique comme un espace intégré, unitaire, entre trois continents, Europe, Afrique et Amérique. Il livre ainsi une clef de lecture de l’expérience culturelle et littéraire à l’époque moderne, qu’il reste à mettre en œuvre collectivement, pour les lettres d’expression européenne. Avec le concept d’histoire littéraire atlantique, il s’agit de proposer un cadre théorique adapté aux dynamiques intellectuelles contemporaines, afin de déterminer puis d’analyser les circulations, échanges et migrations littéraires entre Europe, Amérique et Afrique, non plus donc en termes régionaux (concentré sur l’un des trois pôles) ou linguistiques, mais dans les relations complexes, traversant cultures, régions et langues, établies dans l’espace atlantique.

Nous voudrions en l’occurrence nous intéresser aux figures de l’autorité impériale dans les lettres d’expression européenne. « Empire » désigne un État (ou un ensemble d’États) doté d’un pouvoir fort au centre d’un système normatif. Contrairement à la fédération qui suppose une égalité de principe entre les peuples, l’empire exclut certaines populations du pouvoir et les subordonne. Le concept décrit à la fois une forme de gouvernement et d’organisation politique et un territoire de vaste superficie. L’empire est ainsi une machine de pouvoir qui produit de l’autorité, Marc Augé le présente ainsi comme une « expression spatialisée de l’autorité ».

Quelles images les textes donnent-ils de l’autorité impériale européenne? Quelles sont les figures marquantes du pouvoir  (politique, religieux…) ? On pense aux représentants européens mais aussi aux potentats locaux ou encore aux Européens devenus « rois des sauvages ». Cette autorité s’exprime non seulement à travers la domination d’un territoire, mais aussi par son appropriation symbolique (cartographes, « découvreurs », explorateurs, urbanistes) liée à ce qu’Elleke Boehmer appelle « the cartographic and metaphoric authority of the colonizer ». En tant que corps politique, l’Empire s’inscrit parfois dans le corps des individus – de ses sujets – qui l’incorporent, entrant en interaction avec l’espace impérial dans une « proxémie » coloniale. On s’intéressera particulièrement aux relations entre les empires européens, mais également avec les Empires pré-colombiens ou africains anéantis par la colonisation.

La question intéresse aussi bien la problématique de l’intertextualité que celle de l’autorité (du texte comme de l’auteur) : réécrire un texte, est-ce lui reconnaître une autorité qui préexiste ou est-ce la lui conférer en retour ? Qu’en est-il dans les Lettres de l’espace atlantique si l’on pense notamment aux nombreuses reprises de La Tempête de Shakespeare ou de Heart of Darkness de Conrad ? Quelles relations construisent-elles avec les « autorités » littéraires, qu’il s’agisse des auteurs canoniques, des grandes capitales de la scène littéraire impériale ou même des institutions comme les prix littéraires, qui distinguent des œuvres appelées parfois à servir de modèles (Booker Prize, prix Goncourt…) ? Une interrogation similaire pourrait porter sur la hiérarchisation des langues (langue européenne vs. langue vernaculaire comme le créole) ou le rôle des traductions car une autre manière de reprendre ou de répéter un texte est de le traduire et son autorité – sa notoriété – peut se déduire du nombre de ses traductions et de sa diffusion internationale.

A l’âge moderne, l’autorité européenne est contestée, remise en cause par un empire qui « contre-attaque ». L’« Atlantique noir » (Paul Gilroy) n’est plus seulement un système de maintien des cultures africaines dans les communautés serviles des Amériques, mais un lieu dynamique d’échanges transnationaux, où se construisent et de déconstruisent les cultures noires, privilégiant le modèle de la diaspora comme espace de mobilité et d’hybridité. Comment les systèmes de pouvoir/contre-pouvoir s’organisent-ils dans les littératures de l’espace atlantique ? Quelles sont les modalités mises en œuvre pour défendre ou remettre en cause l’autorité européenne et ses représentations ?

Il s’agira donc de s’interroger sur les figures complexes et plurielles de l’autorité impériale dans les lettres d’expression européenne de l’espace Atlantique (XIXe-XXIe siècles), en privilégiant les contacts et les échanges entre les littératures. On favorisera les approches comparatistes ou, en tout cas, les œuvres permettant de circuler entre les pôles de cet espace tri-continental.

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La créolisation Maghreb/Europe :

 influences, interférences et resistances

 

A l’Université de Leeds (UK), 10-11 septembre, 2010.

Colloque international, organisé par le Centre for French and Francophone Cultural Studies à l’Université de Leeds, avec l’aimable soutien de la « Society for French Postcolonial Studies » (SFPS)

Programme (provisoire)

Vendredi 10 septembre

9.30-11.15h

Stéphane Baquey (Aix-en-Provence I – CIELAM), « Créolisation ou polysystème : comment penser la situation culturelle d’un écrivain algérien à l’époque de la décolonisation ? Le cas de Kateb Yacine. »

Ridha Boulaâbi (Amiens), « De la francophonie comme espace de résistance: l’hybridité dans Phantasia d’Abdelwahab Meddeb. »

Samira Douider (Ben M’sik-Casablanca), « Interférences et résistances du roman africain ».

11.30-12.45h

Patricia Pisters (Amsterdam), « Mélanger les codes : la politique de la pensée nomade en cinéma »

Rachid Elhadari  (Ben M’sik-Casablanca), « La créolisation en linguistique ».

13.30-15.30h

Jim House (Leeds), « Les transformations socio-culturelles dans les bidonvilles de Casablanca et d’Alger, années 1940-50 ».

Max Silverman (Leeds), « Mémoire créolisée. »

Saida Bennani (Ben M’sik-Casablanca), « l’Islam est-il soluble dans les valeurs occidentales ? »

 

16-17.30h

Fatiha Bennani (Ben M’Sik-Casablanca), « Le monde se créolise : le cas Assia Djebar »

Nina Sutherland (Leeds), « Créolisation de la mémoire du conflit dans Les Nuits de Strasbourg d’Assia Djebar. »

Ieme van der Poel (Amsterdam), « Ben jelloun, Bouazza, Lamrabet: la mouvance en texte. »

Pour toute question sur le colloque, prière de vous adresser à

Jim House: j.r.house@leeds.ac.uk

Ou à:

Andy Stafford: a.j.stafford@leeds.ac.uk

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A Conference to Mark the 50th Anniversary of the ‘Year of Africa’
Richmond Building, University of Portsmouth
6-7 September 2010

Provisional Programme

Monday 6 September

1100-1130       Registration and Welcome

1130-1330       A. The Road to Independence
Stephen Tyre, ‘AEF berceau de l’Union française: ideas of modernisation,
development and progress in French colonial reform after 1945’

Martin Shipway, ‘A Path not taken? Gaston Defferre’s Loi Cadre and the
demise of the Federal option for French West Africa’

Francis Simonis, ‘La fin de la présence française en Afrique noire vue
par un administrateur d’outre-mer : Survivants de Raymond Gauthereau’

Mairi MacDonald, ‘A vocation for independence: Guinean nationalism in
the 1950s’

1330-1430       Lunch

1430-1600       B. Cameroun

Marc Michel, ‘Cameroun 1960’

Mélanie Torrent, ‘French decolonisation in comparative perspective:
Whitehall and the birth of the Cameroun Republic’

Tom Sharp, ‘Cameroon and France’s hidden history’

1600-1620       Coffee/Tea Break

1620-1725       C.  Military Dimensions

Ruth Ginio, ‘Saving French West Africa: he French army, African soldiers
and military propaganda during the 1950s’

Camille Evrard, ‘D’Ecouvillon à Lamentin, l’indépendance mauritanienne
vue par les militaires’

1730-1830       D. Senegal

Alex Keese, ‘Dakar 19 August 1960 revisited’

Kathrin Heitz, ‘Decolonisation and national construction in Senegal’

1915 Drinks Reception followed by Dinner

Tuesday 7 September

0900-1100       E. Other Decolonisations

Berny Sèbe, ‘A fragmented and forgotten decolonization: the end of the
French empire in the Sahara, 1957-62’

Héloise Finch-Boyer, ‘How transnational anticolonial movements hindered
France’s decolonisation of La Réunion, 1946-63’

Joanna Warson, ‘Britain, France and the Rhodesia problem, 1964-69’

Nathalie Tousignant, ‘Congolese elites and their European advisers at
the Table Ronde’

1100-1115       Coffee/Tea Break

1115-1300       F. Patronage, Neocolonialism and Neocolonial Networks

Daniel Lefeuvre, ‘Les politiques néocoloniales françaises 1941-62’

Jean-Pierre Bat, ‘1960: la Pax Gallica selon Jacques Foccart’

Sami Mesly, ‘Less than a success: French policy on international
cooperation in the field of education (1960-1980)’

1300-1400 Lunch

1400-1600       G. Commemorating African Independence: Whose
commemoration? Which commemoration?

Bruno Charbonneau, ‘The Rise of Francophone Worlds: Reflections on the
Franco-African Imaginary from Empire to Globalization’

Kathrin Tiewa, ‘”What should we celebrate?” Cameroon faces the challenge
of commemorating its cinquantenaire’

Maria Loftus, ‘Documentary cinema: cultural liberation or nationalist
propaganda?’

David Styan, ‘Chad’s political violence at 50: bullets, ballots and
bases’

1600 Coffee/Tea Break

1615-1700       H. Closing Round Table and Follow-up Plans

*Please note: This is a workshop-type conference. There are therefore no
parallel sessions and places will be limited to 35 in total in order to
facilitate discussion. Places will be allocated to non paper-givers on a
first come first served basis.

A registration form may be obtained from: liam.dean@port.ac.uk

Professor of Contemporary French Area Studies
Centre for European & International Studies Research
University of Portsmout
Park Building
Portsmouth PO1 2DZ
UK
www.port.ac.uk/ceisr/

  

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Call For Papers : International Conference

VISIONS OF THE ‘COMING COMMUNITY’

 

In recent years, philosophers, cultural historians and critical theorists as well as artists and literary critics have been preoccupied by the urgent need to reinvent the concept of ‘community’. Postcolonial thinkers have questioned the very idea of collective identities; queer/new feminist theorists have radically rethought ideas about sexual ‘belonging’; poststructuralist philosophers have argued for the dissolution of the subject and his/her ties to any groupings. Artists and writers have posed these same questions within the context of their work: the films of Arnaud Desplechin, the novels of Marie NDiaye, the sculptures of Murat Brierre, for example, are all witness to the current concern with the notion of community, for some an impossible ideal, for others a dangerously conservative notion which threatens the development of newer, better forms of human interaction.

 In this conference, we hope both to show the variety of contemporary ways in which this notion has been explored, and to give a sense of how the interest in ‘visions of community’ has in fact been a perennial concern, present throughout French history. We call for papers from across the disciplines and periods, as our aim is to demonstrate how the notion of ‘community’ translates across the centuries, and how moments of social and political crisis, such as the French Revolution, may have resulted in hopes and fears for visions of ‘the coming community’ (Agamben) which are relevant to our contemporary concerns. Issues upon which papers are welcome include but are not limited to:

 

•    Transgressive communities

•    (French) revolutionary visions

•    Fantastical communities

•    Altermondialisme

•    Utopia(s)

•    Diasporas

•    “Imagined communities”

•    Notions of the ‘Republic’, the ‘Commune’

•    Sexual belonging

•    Familial configurations

•    Agamben in Francophone contexts

•    The banlieue

•    Black blanc beur

•    Solitude

 This international, two-day conference will take place at Birkbeck, University of London, on 30 June and 1 July 2011. It is organised by members of the Birkbeck Research  in Representations of Kinship and Community (http://www.bbk.ac.uk/brrkc/) steering group and French section of the Department of European Cultures and Languages at Birkbeck, Andrew Asibong, Damian Catani, Akane Kawakami, Ann Lewis and Nathalie Wourm.

 Confirmed keynote speakers are: Professor Rachel Bowlby (UCL), Professor Jérôme Game (American University of Paris), Dr Jane Hiddleston (Exeter College, Oxford),Professor Judith Still (Nottingham).

 In conjunction with this conference we shall be organising and exhibition of cutting-edge contemporary British art on the theme of the “Coming Community”.

 Please send an abstract of no more than 400 words to the organising committee at the following email address: brrkc@sllc.bbk.ac.uk by 29 September 2010.  We hope to publish a selection of the papers in due course.

 

Appel à Communications : Colloque International

VISIONS DE « LA COMMUNAUTÉ QUI VIENT »

 

Dans les années récentes, les philosophes, historiens culturels et théoriciens critiques, ainsi que les artistes et critiques littéraires ont répondu à la nécessité pressante de réinventer le concept de « communauté ». Les penseurs postcoloniaux ont mis en question l’idée-même d’identités collectives; les théoriciens du queer/nouveau féminisme ont radicalement repensé les idées relatives à « l’appartenance » sexuelle ; les philosophes poststructuralistes ont prôné la dissolution du sujet et de ses liens à quelque groupe que ce soit. Artistes et écrivains ont posé les mêmes questions dans le contexte de leurs œuvres : les films d’Arnaud Desplechin, les romans de Marie NDiaye, les sculptures de Murat Brierre, par exemple, témoignent tous d’une préoccupation pour la notion de communauté, un idéal impossible pour certains, une notion dangereusement conservatrice pour d’autres, qui menace le développement de nouvelles et meilleures formes d’interaction humaine.

 

Lors de ce colloque, nous espérons montrer non seulement la variété des façons d’envisager cette notion dans le contemporain, mais aussi considérer le fait que cet intérêt pour les « visions de la communauté » est en fait une préoccupation de longue date dans l’histoire de la France. Notre appel à communications s’adresse à toutes les disciplines et périodes, pour répondre à notre objectif de démontrer comment la notion de « communauté » se traduit à travers les siècles, et comment les moments de crise politique et sociale, tels que la Révolution française, ont pu produire des espoirs et craintes pour les visions de « la communauté qui vient » (Agamben) qui sont encore pertinents à l’époque contemporaine. Les sujets des communications ne sont pas limités mais pourront inclure :

 •    Les communautés transgressives

•    Les visions révolutionnaires (françaises)

•    Les communautés fantastiques

•    L’altermondialisme

•    L’utopie / les utopies

•    Les diasporas

•    Les « communautés imaginées »

•    Notions de la « République », la « Commune »

•    L’appartenance sexuelle

•    Les configurations familiales

•    Agamben dans les textes francophones

•    La banlieue

•    Black, blanc, beur

•    La solitude

 Ce colloque international de deux jours est organisé par Birkbeck Research in Representations of Kinship and Community (http://www.bbk.ac.uk/brrkc/), un centre de recherche inter-disciplinaire qui se consacre à l’exploration des visions, nouvelles et anciennes, dans les arts et humanités, des liens et discours qui créent et construisent la « famille », la « tribu », et les collectifs qui n’ont pas encore de nom. Il aura lieu à Birkbeck, Université de Londres, les 30 juin et 1er juillet 2011. 

Invités confirmés: Professor Rachel Bowlby (UCL), Professor Jérôme Game (American University of Paris), Dr Jane Hiddleston (Exeter College, Oxford), Professor Judith Still (Nottingham).

En conjonction avec ce colloque nous organiserons une exposition d’art contemporain britannique novateur sur le thème de “La Communauté Qui Vient”. 

Merci d’envoyer par courriel des propositions de 400 mots maximum au comité organisateur (Andrew Asibong, Damian Catani, Akane Kawakami, Ann Lewis et Nathalie Wourm) à l’adresse suivante avant le 29 septembre 2010: brrkc@sllc.bbk.ac.uk. Nous espérons publier une sélection des communications après le colloque.