SFPS Monthly Mailing: February 2011

SFPS Newsletter February 2011

Calls for papers

L’Afrique francophone dans le jeu littéraire mondial

Modalités et enjeux des stratégies de la norme et de l’écart

Colloque international, Dijon, 19-21 octobre 2011

Les efforts des approches du décloisonnement que sont la littérature-monde, le postcolonialisme ou encore l’histoire globale visent à reconfigurer en profondeur le champ mondial du savoir. Il s’agit, pour elles, d’ouvrir une nouvelle ère des mesures du monde, une ère qui se caractériserait notamment par une volonté de décloisonner les épistémologies et les méthodologies et de décentrer les positions discursives. Dans cette perspective, la prétention de l’Occident à détenir le discours universel est dénoncée et une place centrale est accordée aux savoirs, naguère dédaignés, des anciennes colonies.

Cette tentative de reconfiguration du champ mondial du savoir, parce qu’elle est de nature à bouleverser les représentations du monde et les rapports de force, mérite une étude globale à même d’en interroger les modalités et les enjeux. Ce colloque voudrait préparer une telle étude en se focalisant, d’abord, sur la manière dont l’Afrique francophone intervient dans le jeu littéraire mondial.

L’Afrique, en tant qu’objet et sujet de discours, occupe, en effet, dans le champ littéraire mondial, une place de plus en plus affirmée. En attestent les prix littéraires qui couronnent les auteurs africains ou encore la manière dont l’Afrique et les Africains sont au cœur de la littérature-monde et plus largement de la pensée postcoloniale. Or, d’une part, ce continent a longtemps été considéré comme un objet d’écriture peu noble et, d’autre part, la fonction auctoriale n’a pas toujours été reconnue aux Africains. Dès lors, l’étude des stratégies à travers lesquelles, l’Afrique est passée, en l’espace d’un siècle, du statut d’un continent « hors littérature » à celui d’un continent en position de dire ce que doit être la littérature constitue une entrée intéressante à une interrogation plus globale des bouleversements actuels du champ mondial du savoir.

Ce colloque entend ainsi revenir sur les usages de l’Afrique francophone dans ce qu’il convient d’appeler le jeu littéraire mondial. Il s’agit, en substance, de tenir compte du fait que « la pratique de la littérature – même et surtout en Afrique – ne consiste pas seulement à créer des œuvres. Elle consiste aussi à occuper, tel un militaire, des positions qui font que cette littérature peut être lue, ou des positions à partir desquelles les œuvres lues acquièrent une valeur, ou esthétique, ou sociologique, ou même épistémologique[1] ». En effet, comme le montrent les travaux sur la notion de champ littéraire[2], la valeur d’un texte se mesure à l’aune de la tradition littéraire. Or cette tradition, bien qu’elle se présente comme une vérité dont la légitimité ne peut être mise en doute, est toute conventionnelle. Il s’agit, somme toute, d’un code partagé par une élite et imposé à l’ensemble de la société comme étant la norme. Pascal Casanova démontre qu’au niveau mondial, la tradition littéraire est détenue par Paris et qu’un auteur qui souhaite devenir visible se doit de savoir savamment doser les stratégies de l’assimilation et de la dissimilation. La première consiste à intégrer la norme parisienne, à fondre son texte dans la littérature française. La seconde repose sur l’affirmation de la différence, sur la pratique de l’écart. Chacune de ces stratégies a ses avantages et inconvénients. La première confère, d’emblée, au texte une aura de noblesse mais risque de le noyer dans la masse d’une littérature française abondante. La seconde permet au texte de se distinguer rapidement mais risque de le marquer du stigmate de la périphérie, d’en faire un texte secondaire que la tradition littéraire ne saurait consacrer. On voit donc la nécessité qu’il y a à maîtriser le jeu littéraire, à savoir se placer à bonne distance de la norme et de l’écart.

L’Afrique, parce qu’elle passe pour être l’exemple même de la différence, est ainsi, d’une part, l’un des réservoirs les plus représentatifs de la stratégie de l’écart et présente, d’autre part, un risque proportionnellement accru de disqualification du point de vue de la tradition littéraire. C’est la raison pour laquelle, il semble pertinent de revenir sur les usages – conscients comme inconscients – que le jeu littéraire a de ce continent depuis la littérature exotique jusqu’à la littérature dite postcoloniale en passant par les littératures coloniale, négro-africaine, française, etc. Il semble par ailleurs que cette interrogation ne saurait être complète si elle ne prenait en compte, non seulement la manière dont ces usages informent les luttes de positionnement des textes, mais également les lectures qu’on en a et par prolongement les représentations de l’Afrique et du monde.

Axes possibles de réflexion :

Dans quelle mesure les différents acteurs (auteurs, critiques, lecteurs, éditeurs, universités et autres instances de consécration, etc.) ont-ils conscience du jeu littéraire et en maîtrisent-ils les règles ? Comment interpréter le fait qu’ils jouent – consciemment ou inconsciemment – le jeu ? Quel crédit accorder aux discours que ces acteurs tiennent sur leurs pratiques ? Dans quelle mesure ce discours participe-t-il du jeu littéraire et informe-t-il la réception des textes ?

Quels sont les motifs africains les plus porteurs dans la recherche de la bonne distance entre la norme et l’écart ? Quels en sont les usages privilégiés ? Par quels processus, des motifs qui participent, d’abord, de l’écart parviennent-ils à s’ennoblir au point de finir par participer de la norme aussi bien au niveau du champ littéraire africain qu’au niveau du champ mondial ? La littérature-monde, par exemple, entend ériger la nouvelle tradition littéraire, en partie, à partir des motifs de la littérature africaine.

Si l’on considère que l’Afrique tend, aujourd’hui, à dicter la norme, quels sont les autres lieux qui prétendent à la norme, où sont les nouveaux lieux de la production de l’écart ? En Afrique même dans des usages inédits de motifs traditionnels comme ceux de l’oralité, de la tradition, de la solidarité, dans l’exploration d’espaces délaissés par le discours consacré (littérature populaire, stratégies concurrentielles entre auteurs établis en Afrique et auteurs de la diaspora, etc.) ; dans des nations aujourd’hui encore à très faible capital littéraire, dans la résistance opposée par les anciens centres littéraires, etc. ?

Cette nouvelle configuration qui tend à placer l’Afrique du côté de la norme entraîne-t-elle une rupture dans les représentations de ce continent ? Est-elle, par exemple, de nature à déconstruire le paradigme de l’altérité à travers lequel les textes sur l’Afrique sont, le plus souvent, lus ? Dans quelle mesure le concept de littérature-monde, les études postcoloniales renouvellent-elles le discours sur l’Afrique ?

Dans quelle mesure la prise en compte de la notion de jeu littéraire autorise-t-elle une relecture des textes, y compris des textes exotiques et coloniaux ? Permet-elle, par exemple, de mieux prendre conscience du décalage qui peut exister entre le discours que les auteurs tiennent sur leur travail littéraire et la pratique effective qui est la leur ?

Cette liste de pistes n’est, bien entendu, pas exhaustive.

Détails pratiques

Organisateurs :

–          Jacques Poirier, professeur de littérature française à l’Université de Bourgogne, pour le Centre pluridisciplinaire textes et cultures. Contact : jacques.poirier@u-bourgogne.fr

–          Abdoulaye Imorou, docteur de l’Université de Cergy-Pontoise, pour l’association Autour de l’Afrique. Contact : abdoulayeimorou@yahoo.fr

Dates et lieu :

Du 19 au 21 octobre 2011 à l’Université de Bourgogne, Dijon

Date limite

Les propositions (titre provisoire accompagné d’un résumé d’une dizaine de lignes) sont à envoyer avant le 15 février 2011 aux deux organisateurs.
Le colloque prend en charge les frais d’hôtellerie et de restauration mais ne peut, sauf exceptions, s’engager en ce qui concerne les frais de transport.


[1] Romuald Fonkoua, « L’Afrique en khâgne : Contribution à une étude des stratégies senghoriennes du discours dans le champ littéraire francophone », Présence Africaine, n° 154, 1996, p. 130-175.

[2] Voir, entre autres, Pascale Casanova, La république mondiale des lettres, [1999], Paris, Seuil, coll. « Points. Essais », 2008 ; Bernard Mouralis, Les contre-littératures, Paris, PUF, 1975 ; David N’Goran, Le champ littéraire africain : Essai pour une théorie, Paris, L’harmattan, 2009.

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Translation and the Postcolonial: Multiple Geographies, Multi-lingual Contexts

An international conference organized by the Leverhulme Network on “Postcolonial Translation: The Case of South Asia”

June 8-9, 2011

Newcastle University, Newcastle upon Tyne, UK

Keynote Speakers:

Professor Susan Bassnett, Warwick University, UK

Professor Sherry Simon, Concordia University, Canada

Professor Robert Young, New York University, USA

This international conference seeks to explore the relationship between translation, location and canon. Translation has long played a key role in the construction of “world” literary canons, as well as contributing to the development of comparative literature not only as an academic discipline, but also as a literary practice. Writers are frequently bilingual, if not multi-lingual, and this heteroglot dimension to writing means that the boundaries of national literary canons are constantly transgressed and questioned. The conference looks at the practice and theory of translation in multiple geographical contexts, but we will have one dedicated day to papers focusing on South Asia. This conference is the culmination of the three year international research network, “Postcolonial Translation: The Case of South Asia”, funded by the Leverhulme Trust. http://www.postcolonialtranslation.net/

We solicit proposals for papers on the following topics (these are suggestions, and we are happy to consider proposals along similar, even if not identical lines to the ones sketched out below):

·         How translation contributes to the emergence of literary geographies not defined by the nation-state

·         Translation and the idea of world literature

·         Location, translation and gendered identity

·         Geographies of coolietude and slavery, and how they are shaped by translation

·         The role of translation in multi-lingual contexts and geo-political formations (e.g. India, Africa, the Caribbean, Europe)

·         Political trajectories of translation: examples might include the role of the Cold War in fostering translation between specific languages, such as Indian languages and Russian.

·         Translation through political channels of transnational circulation, for example the circulation of socialist literature in different languages and in translation.

·         Translation and globalization (for example, the role of the publishing sector in fostering or hindering translation)

·         Circulation and translation of ideas and cultural tropes

·         The translation and circulation of drama and performances through transnational networks of communication

If you are interested in submitting a paper for this conference, please send an abstract of 300 words, plus a 50-word bio, to Dr Victoria Patton:victoria.patton@ncl.ac.uk

Deadline for submission of abstracts: February 21, 2011

Calls for contributions

CONTEMPORARY AFRICAN LITERATURE:

THEMATICS AND CRITICISM (2011)

Edited by

J. K. S. Makokha (Free University of Berlin, Germany)

&

Leonard Acquah (University of Cape Coast, Ghana)

We are seeking critical essays for a new edited volume on major works of African literature by new writers emerging after 2000 or by established writers but published after 2000AD. Contemporaries of Chimamanda Ngozi Adichie and Ngugi represent the two age groups of African writers. We are interested precisely in new critical essays focusing on themes and thematics in the new works of these two writers and/or their African contemporaries across the continent or living in Diaspora.

The first decade of the 21st Century has just ended affording critics with the window for retrospection needed in order to ensure objectivity in our critical enterprise as set out in the intention of this project. The aim of this celebratory collection of new essays is to offer emergent critical perspectives on the concerns highlighted in the exciting new literary output of African writers after the fin de siècle. The works under study should be in English or in other Afrophone or Europhone languages with English translations.

The contributions should be original and couched in relevant and current theories and frameworks of literary interpretation. Essays on new African literature that are related to the broad focus of the collection (i.e. theory of literature) and move beyond specific cases in an attempt to expand the discussion within a theoretical perspective are highly encouraged; the role of African literature or writers can be two good points of such a broad focus. Contributions are invited on essays that explore any of the following topics/themes/ideas in prose, poetry or play genres. Moreover, we explicitly invite contributions on topics or thematics not mentioned below but still fitting under this book project title above:

  1. Representing the Diaspora
  2. Gender
  3. Memory and Hybridity
  4. Cultural translation
  5. Borderland subjectivities
  6. Translocation and multilocality
  7. Migration and nomadology
  8. Multicultural and/or multilingual writing (narratives)
  9. Traveling Selves
  10. Maps and Mapping
  11. Postmodernism and Postcolonialism
  12. Genre Criticism
  13. Politics of Writing/ Cultural Politics
  14. Democracy and Governance
  15. African Renaissance and new Pan-Africanism
  16. Urbanization and Cosmopolitanism

NB: Send us a short abstract of 300 words via the email adds below by February 14, 2011

JKS Makokha – makokha@zedat.fu-berlin.de copy to jksmakokha@yahoo.com and

Leonard Acquah – leoacquah@yahoo.com

The book will be published in 2012. Kindly note the important dates below:

  1. February 14 – February 28, 2011 – Assessment and Selection of Abstracts.
  2. March 1, 2011 – Notification of Acceptance.
  3. March 5, 2011 – July, 5 2011 – Writing and Submission of Article.
  4. July 5, 2011 – August, 5 2011 – Blind Peer Review Process.
  5. August 5, 2011 – October 5, 2012 – Revision of Articles in line with Peer Review Reports.
  6. October 6, 2011 – Deadline of Submission of revised articles.
  7. December 5, 2011 – Submission of Complete Book Manuscript to Publishers.

The formatting guidelines will be sent on March 1, 2011 to the authors of the selected abstracts.

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Expressions maghrébines

Revue de la Coordination internationale des chercheurs sur les littératures du Maghreb

www.limag.com/em.htm

Vol. 11, no 2, hiver 2012 : Appel à articles

Le Maghreb méditerranéen : littératures et plurilinguisme

Dossier coordonné par Claudia Esposito, Edwige Tamalet-Talbayev et Hakim Abderrezak

Date limite de soumission des articles : 31 janvier 2012

La question de la langue d’expression a longtemps fait l’objet de débats et de controverses chez les auteurs et critiques de la littérature maghrébine. A la suite de l’indépendance du Maroc, de la Tunisie et de l’Algérie, de nombreux écrivains tels qu’Albert Memmi, Assia Djebar, Kateb Yacine et Malek Haddad ont inscrit la problématique du choix entre l’arabe et le français au cœur de ce débat. Cependant, en marge de cette réalité en apparence bi-polaire, une littérature maghrébine en berbère, espagnol, catalan et autres langues méditerranéennes a vu le jour. Maghreb Pluriel de Abdelkébir Khatibi, publié en 1983, met à nu la tension entre l’arabe et le français et identifie un phénomène linguistique de l’entre-deux au travers duquel les deux langues se renvoient l’une à l’autre, se font écho et donnent naissance à des formes d’expressions originales. L’attention que Khatibi porte à l’interstice est une invitation à démanteler des grilles d’interprétation binaires et à repenser les relations de pouvoir, permettant ainsi à d’autres langues de trouver leur place au cœur de ce corpus. En prenant cette approche théorique comme point de départ, et en s’appuyant sur ce que Khatibi appelle une pensée autre, ce dossier d’Expressions maghrébines se propose d’examiner la littérature maghrébine des XXe et XXIe siècles écrite dans les différentes langues de la Méditerranée.
Atténuant la tension fondamentale entre l’écriture en français et en arabe, ce dossier vise à mettre en exergue l’hétérogenéité et le plurilinguisme du corpus de la littérature maghrébine en y incorporant les écrits d’auteurs tels que Mohsen Melliti, Amara Lakhous, Najat el-Hachmi, Leila Karrouch, Mohamed Toufali et Said El Kadaoui sans bien entendu se limiter à ceux-ci. Afin de permettre l’émergence d’autres discours culturels et politiques, nous proposons d’aller au delà de paradigmes selon lesquels la production littéraire ne pourrait trouver sa place qu’au sein de la relation dialogique existant entre le français et l’arabe. Bien que ce dossier s’intéresse tout particulièrement aux écrivains maghrébins des deux rives de la Méditerranée s’exprimant dans d’autres langues que le français et l’arabe, il n’exclut pas pour autant les études comparées reliant les textes de ces deux traditions à ceux composés dans d’autres langues du bassin méditerranéen. Ce dossier fait également appel à des articles portant sur les nouveaux idiomes résultant de cette hybridité linguistique ainsi qu’à des travaux qui théorisent le plurilingue et le pluriculturel.
Parallèlement à la question du choix de la langue, ce dossier a pour objectif de reconsidérer les notions d’altérité, de mémoire, de migration, de cosmopolitisme, de subjectivité, et d’identité nationale au Maghreb et à l’échelle de la Méditerranée, un espace dont l’importance au sein des débats littéraires et géopolitiques ne cesse de croître. Nous invitons à envoyer des textes portant sur l’une ou plusieurs des problématiques suivantes ou sur toute autre question s’y rapportant :

– Comment les catégories « francophone », « berbérophone », « hispanophone », « italophone » et autres sont-elles redéfinies par les littératures maghrébines ?
– Dans quelle mesure la question de l’appartenance linguistique occupe-t-elle une place privilégiée dans les littératures maghrébines écrites dans des langues autres que le français et l’arabe ?
– De quelle façon les théories du cosmopolitisme et/ou de la mondialisation sont-elles traitées dans les écrits plurilingues du Maghreb ?
– Comment les espaces liminaux sont-ils conceptualisés en Méditerranée?
– Quelle est la place du transnationalisme dans le contexte de la littérature maghrébine méditerranéenne ?
– Comment le concept de « littérature monde » s’inscrit-il dans le plurilinguisme des littératures maghrébines ?
– Comment les espaces historiquement hybrides tels que Gibraltar, Ceuta, Melilla et Tanger sont-ils représentés dans les œuvres de fiction ?

Les articles ne devront pas dépasser 40.000 signes, espaces inclus (6.000 mots environ). La ponctuation, les notes et les références doivent être conformes aux normes appliquées par la revue :

http://www.limag.com/em/GuideDeRedaction.htm

Les demandes de renseignements complémentaires et les articles complets doivent être adressés par courrier électronique à la présidente du comité scientifique : expressions.maghrebines@ub.edu

La section Varia de la revue maintient toujours un appel à articles (sans date limite de soumission) concernant les cultures maghrébines : littérature, cinéma, arts…

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The Mediterranean Maghreb: Literature and Plurilingualism

Edited by Claudia Esposito, Edwige Tamalet-Talbayev, and Hakim Abderrezak

The question of linguistic expression has long been a subject of inquiry in the field of Maghrebi literature and a primary concern for both writers and critics. Following the independence of Morocco, Tunisia and Algeria, the issue of whether to write in Arabic or French occupied the center of this debate for many writers, such as Albert Memmi, Assia Djebar, Kateb Yacine and Malek Haddad. Alongside this seemingly dichotomous reality, however, literary production by Maghrebi authors also flourished in Berber, Spanish, Catalan and other Mediterranean languages. Abdelkebir Khatibi’s Maghreb pluriel, published in 1983, lays bare the tension between Arabic and French and identifies an interstitial linguistic phenomenon whereby the two languages signal each other, echo one another, and interweave original forms of expression. Drawing attention to the interstitial, Khatibi seeks to dismantle binary grids of interpretation and rethink relations of power, thus paving the way for other languages to be considered within the corpus of Maghrebi literature. Taking this theoretical approach as a point of departure, and pursuing what Khatibi calls a pensée autre, this issue of Expressions maghrébines proposes to examine literature by Maghrebi writers of the 20th and 21st centuries in the various languages of the Mediterranean.
By displacing the fundamental tension between Francophone and Arabophone writing, this volume proposes to bring into focus the often silenced plurilingualism and heterogeneity of the corpus of Maghrebi literature by considering works by such writers as Amara Lakhous, Mohsen Melliti, Najat El-Hachmi, Leila Karrouch, Mohamed Toufali, and Saïd El Kadaoui. These are an indicative rather than an exhaustive list. In order to allow alternative cultural and political narratives to emerge, we suggest a move beyond considerations whereby literary production from the Maghreb is confined within a French-Arabic dialogue. Although this issue will devote particular attention to Maghrebi writers­diasporic or not­who write in languages other than French and Arabic, it also encourages comparative studies of Francophone or Arabophone works with Maghrebi literature in other Mediterranean languages. Together with this, this volume seeks articles on literary texts that create new idioms through linguistic hybridization and works that theorize the plurilingual and pluricultural.
In addition to questions of language, this issue proposes to reframe questions of radical alterity, memory, migration, cosmopolitanism, subjectivity and national identity in the Maghreb as well as in the wider Mediterranean, a space that is increasingly at the forefront of literary as well as geopolitical debates. Articles may consider (but need not be restricted to) the following questions:
·         How are categories such as ‘Francophone,’ ‘Berberophone,’ ‘Hispanophone,’ ‘Italophone’ negotiated in the literary spectrum of the Maghreb?
·         How prominent is the question of linguistic belonging in literatures of the Maghreb in languages other than French and Arabic?
·         How are theories of cosmopolitanism and/or globalization treated in the plurilingual corpus of Maghrebi literature?
·         How are liminal spaces conceptualized within the Mediterranean?
·         What is the role of transnationalism in Maghrebi-Mediterranean literature?
·         How does the notion of littérature-monde relate to the plurilingualism of Maghrebi literatures?
·         How are spaces that are historically hybrid (Gibraltar, Ceuta, Melilla, and Tangier for example) represented in fiction?

Articles should not exceed 40,000 characters, spaces included (approximately 6,000 words). Punctuation, footnotes, and references must conform with the journal’s norms:

http://www.limag.com/em/GuideDeRedaction.htm

Articles or requests for further information should be sent to the Chair of the Editorial Board at: expressions.maghrebines@ub.edu

The journal’s Varia section maintains an open call for articles concerning Maghrebi cultures: literature, cinema, arts…

New titles

Alioune Diop, le Socrate noir ou l’inventeur de l’Afrique

Philippe Verdin, preface Abd Al Malik

Paru: janvier 2011

“Cet homme a changé le regard que le monde portait sur l’Afrique. Né en 1910 à Saint-Louis du Sénégal, Alioune Diop arrive à Paris en 1937, comme un étudiant pauvre et inconnu. Dix ans plus tard, il est devenu sénateur français, directeur de cabinet du gouverneur général de l’AOF, et ses amis s’appellent Albert Camus, Jean-Paul Sartre, Pablo Picasso, André Gide, Aimé Césaire, Joséphine Baker, Duke Ellington, Boris Vian… Sa revue Présence africaine va révéler la grandeur de la civilisation africaine, autour de jeunes intellectuels comme Wole Soyinka, Cheikh Anta Diop, Joseph Ki Zerbo et Amadou Hampâté Bâ, Joseph Zobel, Maryse Condé ou Abdoulaye Wade. En 1956, Alioune Diop réunit le premier congrès des intellectuels et artistes noirs à la Sorbonne et invente, avec Léopold Sédar Senghor, le premier festival mondial des arts nègres à Dakar en 1966. Homme humble au rayonnement exceptionnel, sa vie qui s’achèvera en 1980, à Paris, raconte l’histoire de la décolonisation et l’émergence d’un continent.”

Écrivain, dominicain, Philippe Verdin a été aumônier d’étudiants à Dakar, et a publié un livre entretien avec Nicolas Sarkozy: La République, les religions, l’espérance. Il est actuellement prieur du couvent du Caire.

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François Provenzano, Vies et mort de la francophonie. Une politique française de la langue et de la littérature

Bruxelles : Les Impressions Nouvelles, coll. “Réflexions faites”, 2011.

EAN 9782874491085.

14,8 x 21 cm, 288 p., Prix 20EUR

La « francophonie » fut un aspect clé de la politique culturelle de la France, voire de sa politique tout court. Mais le terme s’est prêté à de nombreux usages et à de multiples interprétations, tandis qu’il semble aujourd’hui évincé par le discours sur l’identité nationale. Le présent ouvrage dresse le constat de cette « mort » et parcourt les différentes « vies » qui la précèdent.

L’auteur livre une image sans fard des discussions sur les littératures en langue française écrites en d’autres pays que la France, en proposant un double parcours. Historique d’abord : le livre examine l’origine et les avatars du concept de francophonie, chez des auteurs comme Rémy de Gourmont, Jean-Paul Sartre ou Léopold Sédar Senghor. Critique et politique ensuite : à chaque étape, l’auteur éclaire ces discours sur la langue et la littérature d’une lumière qui en révèle les présupposés, les enjeux profonds et les implications idéologiques, depuis les ouvrages du géographe Onésime Reclus, qui accompagnent les débuts de l’entreprise coloniale française, jusqu’au fameux discours de Dakar de Nicolas Sarkozy en 2007. À ce titre, ce livre prend position dans le débat sur la place de la France dans l’ère de la mondialisation où l’usage du français ne va plus de soi.

L’auteur

François Provenzano est chercheur à l’université de Liège. Ses domaines de spécialisation sont la rhétorique des discours théoriques et l’histoire sociale des discours. Il anime le groupe et la revue COnTEXTES et a dirigé, avec Sarah Sindaco, le volume La Fabrique du Français moyen : productions culturelles et imaginaire social dans la France gaullienne (1958-1981), paru en 2009 (Bruxelles, Le Cri).

Sommaire

Avant-propos : pourquoi la « francophonie » n’a pas d’histoire

Chapitre 1 : Les histoires en jeu

Chapitre 2 : Qu’est-ce que la francodoxie ?

Chapitre 3 : Proto-francodoxie

Chapitre 4 : Explorations périphériques

Chapitre 5 : Le paradigme décolonial

Chapitre 6 : L’appareil francophone et la production d’un savoir francodoxe

Conclusions et relances

Bibliographie

Index thématique

Index des noms

Responsable : François Provenzano

Url de référence :
http://www.lesimpressionsnouvelles.com